Sega commençait tout juste à redorer son blason auprès des joueurs après une année 2007 d'un piètre niveau (NiGHTS, Full Auto 2…). Avec MadWorld et Bayonneta, on s'était dit que cette fois l'éditeur japonais ne pouvait plus nous décevoir. L'annonce d'un nouveau titre présenté à la Games Convention avait presque déjà réussi à nous faire saliver. Nous avons donc pris place à Leipzig dans une petite pièce de rouge vêtue, quelques boitiers de VHS étant négligemment posés sur une table, un écran bloqué sur l'écran titre du jeu. Tremblotant d'espoir et d'excitation, nous nous sommes plongés dans la présentation de The House Of The Dead : Overkill. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.
Présentation : Classe !
Ce qui frappe avec Overkill, c'est l'indéniable réussite de sa présentation. Surfant sur le
revival cinématographique du tandem Tarantino/Rodriguez avec Boulevard de la mort et Planète Terreur (projet Grindhouse), Overkill nous livre une ambiance crasseuse matinée de kitsch qui fleure bon les années 70. La police de caractère pixellisée, les artefacts présents sur l'écran rappelant la bonne vieille pellicule ou encore le noir qui devient verdâtre par moment, tous les éléments sont réunis pour proposer une ambiance particulièrement efficace. Si on accole à l'ensemble le cultissime titre The House of the Dead, force est de reconnaitre que le projet a de la gueule. Reste à voir le ramage, comme on dit chez La Fontaine. Overkill vous propose d'incarner deux personnages représentant l'ordre, l'agent spécial G (le blanc) et le détective Washington (le noir), chargés de nettoyer la ville de Bayou City d'un étrange mal qui ronge ses habitants.
Gameplay : mou !
Quoiqu'il en soit, le principe de base n'a pas bougé d'un iota depuis le premier House of the Dead. Il s'agit toujours d'un jeu de
shoot sur rails à la première personne, mettant en avant votre dextérité et vos réflexes dans l'élimination de toute présence
zombiesque. La petite subtilité de
gameplay vient de la possibilité de naviguer un peu dans le tableau initial, vers la gauche ou la droite, en appuyant sur une simple touche et en pointant sa Wiimote aux extrémités de l'écran. Censée renforcer le stress et vous faire balayer l'écran au maximum, cette fonctionnalité ne nous a pas réellement convaincu lors de la présentation. En effet, les ennemis étaient bien trop peu nombreux et le rythme bien trop lent pour pouvoir amener un quelconque intérêt supplémentaire dans les affrontements. La possibilité de ralentir le temps pendant quelques instants, afin d'aligner un maximum de zombies, apporte également un peu de sang neuf à un genre un peu poussiéreux. En plus de faire monter votre compteur de combos, cette décharge d'adrénaline s'accompagne d'un filtre tirant vers le vert et vous donne l'occasion de tester la localisation des dégâts. Tous les membres (ou presque, je vous vois venir bande de coquins) sont sécables dans un déluge d'hémoglobine d'un gore saisissant.

Bien évidemment, les civils à sauver (ou plutôt, à ne pas mitrailler…) sont également de la partie, amenant un poil de finesse dans ce monde de brutes épaisses. Mais à dire vrai, une forte impression de mollesse et d'ennui ne nous a pas quitté de tout le niveau, commençant par l'entrée d'un saloon délabré avant de se poursuivre dans une sorte de fête foraine miteuse jusqu'au boss de fin de niveau et son faux air de Kuato dans Total Recall. Malgré la promesse de notre hôte d'une version finale plus rapide et surtout moins chiche en ennemis, difficile d'être séduit par ce premier aperçu de The House Of The Dead : Overkill. Et ce ne sont pas les quelques cut-scenes utilisant le moteur du jeu qui ont ravivé notre flamme. A peine avons-nous relevé un œil quand la possibilité de jouer à deux joueurs en coopération a été soulevée. On en attendait pas moins de toute façon.
Réalisation : passable !
Malgré des lumières dynamiques bien gérées et quelques mouvements de caméras bien sentis, la technique d'Overkill n'est guère flamboyante. Avec des textures très pauvres et une modélisation des zombies indigne du support, on sent clairement que Headstrong Games ne s'est pas trop cassé la tête au niveau graphique. Manque de talent ou de moyens ? Difficile de répondre, mais vu le résultat final, on ne peut qu'être déçu de se trouver en face d'un titre à l'ambiance si accrocheuse et au concept
old-school sympathique agrémenté de quelques subtilités bien venues gâchés par un manque de rythme certain et une réalisation antédiluvienne. Prévu pour le premier trimestre de 2009, soit dans un peu plus de six mois, Overkill a quand même un peu de temps devant lui pour corriger les grosses carences mises en avant par cette première présentation. Il serait en effet triste que Sega appuie sa communication sur l'excellente ambiance du titre pour masquer ses autres lacunes. Qui vivra verra…